Turda, Roumanie. Un jeune couple vient de construire sa maison en ballots de paille de blé, près des ruines d'un camp romain. De plus, le bâtiment est presque indépendant enénergie, les eaux usées sont traitées ainsi que les eaux pluviales, l'électricité est obtenue à partir de la lumière captée par des cellules photovoltaïques et le chauffage fortement économisé grâce à des flocons d'isolation sur le toit et le sol constitué de journaux issus d'isolants pour camions frigorifiques.
Eliza Loboncz, jeune directrice artistique, a décidé de "démissionner de la crise économique" à la suite de réductions de budgets des théâtres du pays, avec des artistes mis au chômage technique indéfiniment. Elle a préféré plûtot s'engager dans un projet audacieux en appliquant la scénographie à sa vie de couple . Le couple a donc construit une maison chargé d'histoires, bâtie de soleil, de pluie, de blé, et surtout de terre . La jeune femme sourit; située dans un cadre rural, malgré son emplacement en lisière de la ville de Turda. Une maison de paille en marge de la ville.
Adapter le projet aux conditions climatiques et naturelles de la Roumanie
Eliza fait partie de la génération des jeunes artistes, originaux, esprits libres, aux opinions anti-traditionnels. Ainsi, alors que d'autres couples choisissent un crédit pour acheter une maison sur 30 ans, son petit ami et elle-même vont décider autrement pour leur première maison. "Ne pas devenir esclaves de leur vie", mais la que la maison soit un lieu sûr de refuge, pour que le bnaquier ne soit pas invité indéfini à la table et caché dans le lit. Et ils ont réussi. Je lui ai donc demandé pourquoi elle a choisi la paille:
"As-ton avis? Par manque d'argent. Emprunter de l'argent pour investir dans quelque chose qui n'est pas le vôtre? Et là, vous avez la liberté de choisir quelque chose. De là, nous avons commencé à étudier les solutions meilleur marché et respectueuses de l'environnement. Nous avons donc trouvé le concept de maison en paille. Je l'ai étudié pendant des mois. Nous avons opté pour des matériaux organiques; prendre des éléments simples de la nature qui ne coûtent pas vraiment et donnent un endroit beaucoup plus sain à vivre. J'ai cherché des solutions dans plusieurs régions du monde. Nous essayons d'adapter le projet au climat, de l'orienter, de comprendre les résistances aux précipitations, aux risques sismiques. L'isolation est d'ailleurs très bonne. Biensur, avec le temps, elle nécessitera quelques réparations, mais je ne suis pas très inquiète. Maintenant, je ne peux vous donner beaucoup plus de détails, mais je peux simplement vous confirmer que j'ai travaillé sans relâche sur le sujet."
(suite au prochain épisode)
par Daniel Befu, article datant à l'origine du 19/10/2013,
traduit du roumain par Paul-Vincent Hubert
Hands and Leaves est une ONG qui recherche des solutions alternatives durables. Hands and Leaves is an NGo researching sustainable alternatives .
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écologique
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éolienne
Thursday, May 8, 2014
Monday, January 20, 2014
Trop peu d'abeilles en Europe
Trop peu d'abeilles en Europe!
« En Europe, il y a trop
peu d'abeilles » s’inquiètent les chercheurs. S'il y en avait plus, la
production de biocarburants pourrait s’améliorer de manière significative. Et
ce, seulement avec l'aide des insectes, sans pesticides ni engrais
supplémentaires.
Au début, il est vrai que cela
semble paradoxal : apiculteurs, écologistes et scientifiques se plaignent qu'il
n’y a pas assez d’abeilles et pour polliniser fruits et légumes. Mais en même
temps, les statistiques indiquent que les populations d'abeilles ont augmenté
dans le monde ces dernières années, d’environ 7%.
Pourquoi cette augmentation ?
« C’est le fait qu'il ya encore
plus d'apiculteurs » nous enseigne Peter Rosenkranz de l'Université de
Hohenheim, à Stuttgart. « 95% des populations d'abeilles appartient à des
apiculteurs », ajoute le biologiste. Et l'apiculteur peut déterminer le
nombre d'abeilles qui bourdonnent dans les champs aux alentours. Mais malheureusement, ils subissent
de lourdes pertes chaque année. Beaucoup d’abeilles sont affaiblies par les
produits chimiques mais également le parasite « varroa ». En hiver,
de nombreux individus meurent dans les ruches- parfois 30% en une seule année -
et doivent être remplacés au printemps.
Un problème plus important cependant
reste le stock d'abeilles sauvages. En Allemagne, il existe environ 500 espèces,
y compris les bourdons. Là où l'agriculture intensive sévit, beaucoup de
pesticides sont utilisés, et il n'existe pratiquement plus d'abeilles sauvages.
Abeilles to go.
Les abeilles sont des animaux travailleurs.
Toute la journée, elles recueillent le pollen et effectuent la pollinisation des
plantes. L'apiculteur obtient le pollen et le miel, tout comme l’agriculteur sa
récolte. « Une situation gagnant-gagnant », dit Rosenkranz, qui
précise que ses revenus augmenteraient si l’air était plus pur, même sans
l'utilisation de pesticides ou d'engrais. Et d’ajouter « Il y aurait tout
simplement plus d'abeilles ».
Et c’est précisément l’objectif
de scientifiques qui ont récemment publié une étude dans la revue en ligne PLoS
ONE : Ils exigent plus d'abeilles pour obtenir plus de plantes afin d’augmenter
la production de biocarburants : notamment pour le colza, le tournesol et
le maïs. Peter Rosenkranz défend cette théorie. Le revenu gagné sur les champs
de colza, dit-il, pourrait être augmenté de 30 à 40 %, « si on met en
place les colonies sur un calendrier précis ». L'agriculteur recevrait de l'apiculteur
autant de ruches dont il a besoin pour son domaine et paierait pour cela. Les
animaux font alors le reste ! La pollinisation comme « service
extérieur » est une tendance qui commence juste en Europe, ajoute Rosenkranz.
Dans d'autres pays, comme les Etats-Unis ou la Chine, elle est déjà largement
utilisée.
La seule question qui reste : quelles
plantes voulez-vous? Le colza ou le tournesol fournissent un bon miel. Malheureusement,
pour la production de biocarburants les agriculteurs en Europe plantent principalement
du maïs . Mais le maïs, ajoute le scientifique, « n'est pas une plante à
laquelle sont particulièrement attachées les abeilles. » Avec le maïs, les
apiculteurs ne gagnent pas d'argent. C'est pourquoi ils préconisent de choisir d’autres
plantes pour la production de biocarburants, afin de «fournir une source de
nourriture pour les insectes pollinisateurs ; les fleurs étant d'un
intérêt pour les apiculteurs. "
Plantes combustibles « abeillophiles »
Des alternatives existent. Théoriquement,
un champ de fleurs mixtes pourrait également fournir du carburant. Le revenu
serait certainement inférieur, environ
30 à 40 %, et ainsi à la place de monocultures diverses, des champs propices
aux abeilles. Seuls les agriculteurs seraient réticents, craint Rosenkranz . Et
il est difficile de les convaincre à renoncer à seulement 5 à 10 % de leurs chiffre d’affaires en faveur d’une meilleure valeur écologique d’un pré fleuri.
Les scientifiques du Centre de
Technologie agricole Augustenberg à Karlsruhe (LTZ, Karlsruhe) testent
actuellement différents champs de mélanges de fleurs. Tout d’abord, ils devraient
être « abeillophiles » en ayant une plus grande importance écologique
et d'autre part, être utilisés comme cultures énergétiques en fournissant bons rendements.
traduit de l'allemand par Paul-Vincent Hubert
original par Judith
Hartl, Deutsche Welle, 17-01-2014
Saturday, January 11, 2014
Agroforesterie: Conférence d'Alain Canet en vidéo (Association Française d'Agroforesterie, video IFVSudOuest)
Agroforesterie: Conférence d'Alain Canet en vidéo
(Association Française d'Agroforesterie, video IFVSudOuest)
Voir la conférence :
L'agroforesterie par Alain Canet (Association Française d'Agroforesterie) ici:
L'agroforesterie désigne une mise en valeur du sol fondée sur une association de ligneux et de cultures ou d'animaux sur une même surface afin d'obtenir des produits ou des services utiles à l'homme. Son intérêt réside dans les interactions agronomiques, écologiques (amélioration du sol, modification du micro-climat,
augmentation de la biodiversité fonctionnelle), et économiques (amélioration des revenus, diversification des productions, etc.) créées entre les arbres et les plantes cultivées ou les animaux.
Cette communication a été réalisée au cours des Premières Assises des Vins du Sud-Ouest qui se sont déroulées le 10 décembre 2013 à Toulouse.
(issu du profil youtube de IFVSudOuest)
Si vous voulez en savoir plus, consultez la page wikipedia sur l'agroforesterie:
Wednesday, October 23, 2013
Mouvement social alternatif, entre agro-ecologie et changement de paradigme à Grenade
La voix du Vent - Semences de transition (version FR) from Mosaic Project on Vimeo.
Cliquez sur le lien ci-dessus pour voir le film sur Vimeo.
Rencontre d'un mouvement social alternatif, entre agro-ecologie et changement de paradigme à Grenade, Espagne. Une seule richesse : des semences paysannes.Le témoignage d'un mouvement qui prend de l'ampleur........"Un autre monde est possible, ici et maintenant. "

Monday, September 30, 2013
Pesticides dans le vin, seul le bio peut se rassurer
Pesticides dans le vin, seul le bio
peut se rassurer !
Un « expert » se veut
rassurant sur les résidus de pesticides dans le vin
Réagissant à un article du 25/09 de Sud-Ouest « Vin
et pesticides : "Pas de danger toxique", dit un expert girondin »
(visible ici http://www.sudouest.fr/2013/09/25/pas-de-danger-toxique-1178985-1014.php),
il est quand même prudent de retenir que les lobbys de l’agriculture
conventionnelle, épaulée par les multinationales pétrochimiques veulent
rassurer les consommateurs. Or pour l’instant toutes les études effectuées sur
les vins ont trouvé des résidus de pesticides dans les vins conventionnels,
mais presque rien dans les vins biologiques.
A priori, il apparait un peu suicidaire de scier la
branche sur laquelle on est assis. Pour les régions viticoles, le dilemme est de
continuer à produire du vin dans un contexte socio-économique de plus en plus
difficile, avec de nouvelles normes environnementales. Et de ce coté là, le vin
a du souci à se faire.
En effet, quand on sait que la production viticole
utilise trois fois plus de pesticides que tout autre culture en France, il y a
de quoi se demander si des résidus peuvent se trouver le vin.
Des
composants dangereux retrouvés dans les vins conventionnels
L’ iprodione, un composé que l’on retrouve en moyenne à
hauteur de 80 µg / litre de vin de Bordeaux est plutôt inquiétant. D’après une
étude de l’Agence de Protection Environnementale des USA, une dose supérieure à
10 µg / litre provoque une baisse de la production de testostérone et la
prolifération de cellules de Leydig tumorales [1] (United States Environmental
Protection Agency, 1998). Cette substance est en plus classée cancérigène par la Communauté européenne en vertu de la
directive sur les substances dangereuses [2] (Pesticide Action Network Europe,
2008).
D’autres composés alarmants ont également été retrouvés
dans les résidus analysés de vins non-biologiques: le pyrimethanil (83,40 µg
/ L), le procymidone (19.90 µg / L), l’ azoxystrobin (8.15 µg / L), le dimethomorph (8.00
µg / L), ou encore le cyprodinil (3.90 µg / L), selon le Pesticide Action
Network Europe.
Globalement, les résidus cumulés de pesticides atteignent en moyenne dans les
vins non-biologiques 250 µg / litre. Par comparaison, les résidus cumulés dans les
vins non-biologiques approchent 10 µg / litre, sachant que la moitié des vins
bio analysés par cette étude suisse ne présentait pas de résidus
quantifiable soit inférieurs à 1 µg /
litre [3] (Edder,
Ortelli & Zali, 2005).
Hormis quelques cas où les parcelles de vins biologiques
ont reçu des traitements destinés aux parcelles voisines, les vins biologiques présentent
relativement très peu de traces de ces résidus dangereux, localisés dans les 4
premiers mètres des vignes biologiques attenantes aux vignes conventionnelles [4]
(Seiler, Erzinger & Wyss, 2007). Une étude allemande a démontré qu’il
existe également des cas où les vins biologiques qui sont produits ou filtrés
dans les mêmes endroits que les vins conventionnels peuvent également contenir
des traces de résidus de fongicides et d’autres pesticides [5] (Bauer, Schüle, Wolheim, Wieland & Scherbaum,
2012).
La solution donc ? Pour le consommateur ; écarter
les vins conventionnels et choisir des vins bios issus de producteurs
indépendants reste donc la meilleure alternative pour éviter ces résidus néfastes.
Pour le producteur, un espace tampon (haies vives de plusieurs mètres de large)
constitue le meilleur moyen pour diminuer la contamination de la culture
biologique provenant des traitements infligés aux cultures traditionnelles.
Revenez bientôt pour consulter notre article dédié à la
création de haies vives, ou bandes tampons arborées, dont le but est de réduire
les pollutions des cultures biologiques par les cultures conventionnelles.
Voir notre article sur Monsanto qui se bat contre les agriculteurs biologiques
[1] United States Environmental
Protection Agency (1998): Reregistration
Eligibility Decision (RED) IPRODIONE: “Réenregistrement de decision d’éligibilité:
Iprodione”. Prevention, Pesticides and Toxic Substances. November 1998. Page 15
. Visible: http://www.epa.gov/oppsrrd1/REDs/2335.pdf
[2] Pesticide Action Network Europe (2008): Etude sur la présence de résidus de pesticides dans le vin.
Etude Vin Pan-Europe. 6 mars 2008. London.
Page 8. http://www.mdrgf.org/pdf/Rapport_vin_pesticide_fr.pdf
[3] P. Edder, D.
Ortelli, O. Zali (2005): Survey of
Pesticide Residues in Wines: “Etude des résidus de pesticides dans les vins ».
Service de protection de la consommation (SPCo). Département de l'Action
Sociale et de la Santé. Genève. 2005 http://ge.ch/dares/SilverpeasWebFileServer/reference_11.pdf?ComponentId=kmelia704&SourceFile=1271862252149.pdf&MimeType=application/pdf&Directory=Attachment/Images/
[4] K.Seiler, F. Erzinger, G.S. Wyss
(2007): Pestizidrückstände auf Bio-Produkten ; Beurteilung
der Kontaminationswege am Beispiel Bio-Wein « Résidus de pesticides dans
les produits biologiques - Évaluation de la contamination à l'exemple du vin
bio ». Forschungsinstitut für biologischen Landbau. Frick. Page 73. http://orgprints.org/13419/1/seiler-etal-2007-Biowein_Kontaminationen_fini.pdf
[5] N.Bauer, E.Schüle, A.Wolheim,
M.Wieland, E.Scherbaum (2012): Organic Wine Production – Cross Contamination with Pesticide, Residues Caused by Filtration: “Production de vin
biologique: Contamination croisée par des pesticides: résidus causes par
filtration”. CVUAS, Chemisches und Veterinäruntersuchungsamt Stuttgart.
Stuttgart. 2012
Friday, September 20, 2013
Le Commerce Equitable : Nouveau vecteur de l'insécurité alimentaire (video asso partenaire)
Une nouvelle video sur le site de notre partenaire associatif : Ekidina
Le Commerce Equitable - Nouveau vecteur de l'insécurité alimentaire
![]() |
| Voir la video: http://www.youtube.com/watch?v=WHEc_zIE5jg |
Le commerce équitable s'étend de plus en plus dans les étalages et prône une éthique forte. Un meilleur salaire pour les ouvriers, d l'agriculture biologique... mais est-ce vraiment une bonne solution ? N'est-ce pas un risque d'insécurité alimentaire pour les pays en développement ? Ce petit documentaire de 8 minutes vous apporte un autre regard sur le commerce équitable.
Pour la voir, c'est ici:
http://www.youtube.com/watch?v=WHEc_zIE5jg
Voir aussi notre article sur la démondialisation vue d'Allemagne
Thursday, September 12, 2013
Une longue bataille pour préserver les pratiques agricoles ancestrales (Agroécologie)
Une longue
bataille pour préserver les pratiques agricoles ancestrales (agroécologie)
Louisa
Reynolds du Latinamerica Press (06/09/2013)
Traduit de l’anglais,
recherché et documenté par Paul-Vincent Hubert.
![]() |
| "Les gouvernements doivent commencer à pratiquer la souveraineté alimentaire et revenir aux politiques qui ont réussi dans le passé à parvenir à l'autosuffisance" (Photo P.Hubert) |
L’agroécologie,
le commerce équitable, la consommation responsable et la protection des
semences indigènes sont quelques-unes des pratiques que les agriculteurs mayas
ont sauvées de leurs ancêtres.
Les agriculteurs
mayas de la chaîne de montagnes Cuchumatanes au nord-ouest du Guatemala savent
que l'agriculture biologique exige beaucoup de travail, de patience et de
dévouement, mais c'est la seule voie vers le développement durable.
En 2006, ces
producteurs ont décidé d'abandonner l'agriculture intensive, délaissant
l'utilisation de pesticides et d'engrais chimiques. Ils ont en effet réalisé
que cela stimule les rendements à court terme en apportant peu d'efforts en apparence mais,
à long terme, pollue les sources d'eau et épuise le sol. Ils fondèrent alors
l'Association pour le développement durable de la Communauté de la Huista
(ADSOSMHU).
La « mancomunidad », ou « Organisation
communautaire» est une association de municipalités qui partagent la même
histoire et la même culture. Elles travaillent ensemble pour mettre en œuvre
des politiques communes et également construire
des projets d'infrastructure bénéficiant à tous les membres.
Les « mancomunidad » ont été
officiellement reconnues par le gouvernement guatémaltèque lorsque le Code
municipal a été approuvé en 2002.
La
mancomunidad Huista est l'une des plus anciennes organisations
communautaires de Guatemala. Elle regroupe sept municipalités situées dans le
département de Huehuetenango : Santa Ana Huista , San Antonio Huista,
Concepción Huista , Nentón, San Miguel Acatán, Unión Cantinil, Jacaltenango et
La Democracia .
Avec l'appui
financier de l'ONG espagnole Paisaje, Ecología y Género (« Paysage, Ecologie et Genre »), l’ADSOSMHU
a construit un centre d’animation où les agriculteurs peuvent acheter des
semences indigènes afin de cultiver maïs, haricots, ou d’autres légumes comme citrouilles,
plantes médicinales, telles que l’aloé,
ou encore champignons. Ils peuvent également apprendre comment prendre soin de
poissons d'aquarium ou comment produire du compost fabriqué à partir de
feuilles en décomposition et de terre, du compost de lombric (appelé encore le « lombricompost »).
La formation à la fabrication d’engrais foliaire à base de feuilles fermentées,
d'eau et de lait de vache y est également enseignée.
Les engrais organiques
La production
d'engrais organique est un processus de longue haleine, le compostage pouvant prendre jusqu'à six mois
et le lombricompostage jusqu’à deux mois et demi. En revanche, la création d’engrais
foliaire, méthode la plus rapide, nécessite un mois maximum.
«Quand la Révolution verte a commencé dans les années 1950 et 1960, les
agriculteurs ont commencé à utiliser des produits agrochimiques que nous avons
été amenés à croire être la solution à tous nos problèmes. En utilisant des
pesticides chimiques, les agriculteurs pouvaient travailler 120 mètres carrés par
jour au lieu de 20 mètres carrés en cinq jours de techniques agricoles
ancestrales», explique Rubén López Herrera, coordinateur du ADSOSMHU.
« Au début, l’agroécologie exige beaucoup d'efforts, de patience et de
dévouement. C'est pourquoi les femmes ont été les plus réceptives à l'idée.
Nous avons obtenu des résultats après deux ou trois ans seulement, mais à
partir de ce moment, les rendements deviennent plus élevés que ce que nous
avions avant avec des produits agrochimiques. En plus, le sol récupère ses
nutriments et en plus d’avoir une couleur différente, nos produits ont un goût
et une texture qui n’a rien à voir » ajoute-il. Les
membres de l’ADSOSMHU consomment la plupart de ce qu'ils produisent et l’excédent
est vendu sur les marchés du coin.
López
souligne que l'agroécologie n’est rien de nouveau. Elle a été effectivement
pratiquée par les paysans mayas depuis l'époque précolombienne, affirmation prouvée
par la recherche académique [1]
(Altieri & Nicholls, 2000).
Stephen Gliessman,
professeur d’agroécologie à l'Université de Californie, a notamment écrit un
certain nombre d'articles dans lesquels il explique comment les Mayas furent les
premiers à pratiquer l'ingénierie écologique. Comme ils n'avaient pas de
technologie pour atteindre les eaux souterraines, ils construisirent des canaux
de drainage pour rediriger et réutiliser l'eau de pluie. Ils convertirent ainsi
des marécages temporaires, connus aujourd'hui sous le nom de « Bajos »,
en de grands domaines agricoles. Ils mirent également en place un système de
terrasses agricoles, de réservoirs d’eau ainsi que des cultures surélevées et de
jardins urbains [2] (Gliessman,
1991).
L’ADSOSMHU
est l'un des 60 groupements paysans qui appartient au réseau national pour la
défense de la sécurité alimentaire et la souveraineté alimentaire au Guatemala (le
REDSSAG), un organisme national fondé en 2004 qui vise à promouvoir l'agroécologie,
le commerce équitable, la consommation responsable et la protection des
semences indigènes d’Amérique Latine.
En 2011, l’ADSOSMHU
reçut la récompense « Chajil Uwachulew » (« Défenseur de la Nature») par le Ministère de l’Environnement et des Ressources
Naturelles guatémaltèque (« MARN ») pour ses efforts visant à
préserver les semences natives. Cependant, López souligne que malgré ce trophée
symbolique, l’ADSOSMHU n'a jamais reçu aucun soutien du gouvernement.
«Beaucoup de choses restantes doivent être faites. Nous aimerions mener une
enquête approfondie nous permettant de récupérer le maïs indigène et les
graines de soja. Nous aimerions également recevoir l'appui de techniciens
agricoles afin de pouvoir améliorer nos cultures, mais ils (le gouvernement)
sont très bureaucratiques » explique Lopez.
Le
coordinateur du REDSSAG, Ronnie Palacios cite plusieurs projets réussis au Brésil,
au Venezuela et dans d'autres pays d'Amérique du Sud comme preuve que
l'agroécologie fonctionne bien. Palacios prétend que ce modèle pourrait aider
le Guatemala à réduire sa dépendance face aux importations de maïs et de blé. L’agroécologie pourrait
également stimuler l'autosuffisance, favoriser
l'emploi dans les zones rurales et réduire l'afflux de paysans pauvres qui
migrent vers les zones urbaines ou aux États-Unis à la recherche de meilleures
conditions de vie. Malheureusement, Palacios affirme que le gouvernement n’a
montré jusqu'à présent que peu voire aucun intérêt à soutenir les pratiques
agroécologiques mayas.
« Il est nécessaire de donner la priorité aux agriculteurs de
subsistance et à ceux qui vivent au-dessous du niveau de subsistance. Il faut
également développer des mécanismes pour échanger des informations et effectuer
des recherches scientifiques. Malheureusement, il n'y a pas de soutien. Nous
avons demandé de l'aide à l'Institut des sciences et technologies agricoles (ICTA),
mais ils ont refusé de lancer un projet de recherche. Le ministère de l’Agriculture,
de l'Elevage et de l'Alimentation (MAGA) a un programme de verger familial que nous
avons proposé d’inclure dans la production agroécologique, mais ils rejeté la
proposition », raconte Palacios.
Ronnie
Palacios affirme que des « intérêts économiques » peuvent expliquer la réticence
du gouvernement à arrêter de prêcher les engrais chimiques et aider les
agriculteurs à relancer le modèle agroécologique des Mayas. Cette remarque apparait
logique lorsqu’on sait que la multinationale Disagro et d'autres grands
producteurs agrochimiques ont été les principaux donateurs de la campagne
électorale de ces dernières années.
Le mouvement « Campesino a Campesino »
Eric Holt-Giménez
est directeur général de Food First, une organisation à but non lucratif
américaine dont l'objectif principal est de forger la souveraineté alimentaire
pour les droits de l'homme et des moyens de subsistance durables. Il explique
que durant les années 1970, les agriculteurs mayas qui s'étaient lourdement
endettés pour acheter la technologie de la Révolution verte ont été contraints
de migrer vers les plantations de café, de sucre et de bananes, où ils gagnèrent
des salaires de misère et durent vendre
leur travail dévalué afin de rembourser leurs prêts.
Malgré tout,
un agriculteur du département de
Chimaltenango (50 kilomètres à l'ouest de Guatemala City) a commencé à
expérimenter les techniques de l'agriculture biologique et a réalisé qu'il
pouvait augmenter son rendement de près de 400 pour cent. D'autres agriculteurs
ont cherché à suivre son exemple et ont commencé à recourir aux pratiques
ancestrales mayas, les transmettant ensuite d’un agriculteur à un autre. Les
agriculteurs qui ont enseigné à d'autres agriculteurs étaient connus comme « promotores campesinos » ou « paysans
promoteurs ». Cette chaîne de (ré) apprentissage a ainsi marqué le début d'un mouvement connu sous le
nom « Campesino a Campesino », qui
s'est propagé rapidement à travers le Guatemala, le Honduras et le Nicaragua.
«Les
agriculteurs ont mis en place des coopératives pour vendre leurs produits et
ont cessé d'aller sur la côte pour travailler dans les plantations. Dans les
années 1970 et 1980, ils ont eu tellement de succès qu'ils ont commencé à
acheter les terres des propriétaires de plantations. Ces derniers ont commencé
à les confondre à des communistes et ont fait appel à l'armée, pour fuir
ensuite au Mexique où ils ont par la suite détruit la paysannerie là-bas», raconte
Holt-Giménez.
Le mouvement
« Campesino
a Campesino » s’est ensuite amenuisé à la suite des sanglantes guerres
civiles d'Amérique centrale à l'époque de la guerre froide, bien que les ONG
locales telles que l’ADSOSMHU cherchent aujourd’hui à donner un nouvel élan à
ces pratiques ancestrales.
Selon l’étude
«Mesurer la résistance agroécologique des
agriculteurs après l'ouragan Mitch en Amérique centrale», menée en 2000 par le « World
Neighbors », un organisme de développement international qui travaille
avec des communautés extrêmement pauvres qui luttent pour survivre,
aujourd'hui, moins de 0,5% des quatre millions de petits producteurs de
la région pratiquent l’agroécologie [3]
(Holt-Giménez, 2000).
Les
pratiques durables les plus couramment utilisées sont le labour intensif en sillons,
l'utilisation de compost, la lombriculture et le fumier, ainsi que des
stratégies de gestion intégrée des ravageurs incluant l'utilisation de pièges,
de pesticides et répulsifs biologiques, et le recours à des insectes bénéfiques
(comme la Coccinelle ou la Larve de Chrysope pour les pucerons…).
Les
agriculteurs eux-mêmes, dirigés par Holt-Giménez, ont effectué les recherches
et ont trouvé que les parcelles agroécologiques dans les exploitations
agricoles durables avaient plus de terre arable, une humidité plus élevée dans
le sol, et plus de végétation. Pour comprendre la signification de cela, après
l'ouragan Mitch qui a frappé l'Amérique centrale en 1998, les terrains
agroécologiques avaient 49% de glissements de terrain en moins, en moyenne 47% d'érosion
en moins ; et 69% de ravinement que les parcelles conventionnelles (Holt-Giménez,
2000).
«C'est la diversification des cultures et l'agroforesterie qui a rendu le
système résilient et lui a permis de résister aux changements climatiques.
Cependant, les gouvernements ne prennent pas en charge l'agriculture paysanne
et cela a empiré en raison des accords de libre-échange visant à expulser les
agriculteurs de leurs terres et ouvrir l'Amérique latine aux investissements
étrangers. Les gouvernements doivent commencer à pratiquer la souveraineté
alimentaire et revenir aux politiques qui ont réussi dans le passé à parvenir à
l'autosuffisance », conclut Eric Holt-Giménez.
[1] M. Altieri & C.I. Nicholls (2000):
Agroecologia: Teoría y práctica para una agricultura sustentable. « Agroécologie:
Théorie et Pratique pour une agriculture soutenable ». 1 Edición. Programa
de las Naciones Unidas para el Medio Ambiente. 2000. México
D.F., México. p.220. ISBN 968-7913-04-X . www.agro.unc.edu.ar/~biblio/AGROECOLOGIA2[1].pdf
[2] S.R. Gliessman (1991): Ecological
basis of traditional management of wetlands in tropical Mexico: Learning from
agroecosystem models: “Fondement écologique de la gestion traditionnelle des
marécages du Mexique tropical: Apprendre des modèles agroécologiques”. In:
Oldfield, M. and J. Alcorn (eds.), Biodiversity, Traditional Management, and
Development of Biological Resources. Westview Press, Boulder, CO. pp. 211-229.
[3] Eric Holt-Giménez (2000):
Measuring farmers' agroecological resistance to Hurricane Mitch. World
Neighbors, January, 2000. www.agroecology.org/documents/Eric/synopsis.pdf
Tuesday, August 27, 2013
Film de la saison : Jean de Florette (de Claude Berri, 1986) visible sur Youtube
Jean de Florette (de Claude Berri, 1986)
Le film est disponible sur Youtube ici:
https://www.youtube.com/watch?v=ZHDMcKP3OGc
Ce film apporte une leçon de vie à différents niveaux, que ce soit morale, spirituelle ou écologique.
D'un point de vue écologique, il est facile de constater que les conditions naturelles ne doivent jamais être négligées, ou synthétisées grâce à quelques statistiques: la nature ne peux parfois pas s'expliquer par la seule science...
Les thèmes qui ressortent de ce film peuvent être listés ci-après:
- l'eau (les prédictions de Jean de Florette, l'avidité des Soubeyrans pour acquérir le terrain et surtout sa source...),
- la monoculture (la culture des oeillets reste inféodée à l'eau et à un ensoleillement certain),
- les ressources locales (l'eau, la terre, les cultures endogènes comme les oliviers, les figuiers, la vigne...),
- le paysage culturel (la garrigue n'est pas un sol facile à une culture d'espèces nouvelles, et présente depuis l'antiquité une agriculture extensive sylvopastorale: élevage, espèces indigènes comme la lavande sauvage, le romarin (d'où le nom de la maison dans le film),
- les relations ethnologiques à la nature (l'écoute de l'expérience des anciens une fois mis de coté les penchants égoistes mis en exergue dans le film, qui incitent à la culture traditionnelle pérenne),
- l'introduction d'espèces invasives (dans le contexte du film, avant la seconde guerre mondiale, l'échange et l'acheminement d'espèces exotiques était chose courante, issue d'un contexte hygièniste-naturaliste du 19e siècle. Ainsi l'élevage des lapins et la culture de courges asiatiques montrent bien les difficultés à adapter ces espèces "inconnues" à une terre difficile)
Le film est disponible sur Youtube ici:
https://www.youtube.com/watch?v=ZHDMcKP3OGc
Le film est disponible sur Youtube ici:
https://www.youtube.com/watch?v=ZHDMcKP3OGc
| photo (c) http://relishreads.com/2011/07/17/jean-de-florette/ |
Ce film apporte une leçon de vie à différents niveaux, que ce soit morale, spirituelle ou écologique.
D'un point de vue écologique, il est facile de constater que les conditions naturelles ne doivent jamais être négligées, ou synthétisées grâce à quelques statistiques: la nature ne peux parfois pas s'expliquer par la seule science...
Les thèmes qui ressortent de ce film peuvent être listés ci-après:
- l'eau (les prédictions de Jean de Florette, l'avidité des Soubeyrans pour acquérir le terrain et surtout sa source...),
- la monoculture (la culture des oeillets reste inféodée à l'eau et à un ensoleillement certain),
- les ressources locales (l'eau, la terre, les cultures endogènes comme les oliviers, les figuiers, la vigne...),
- le paysage culturel (la garrigue n'est pas un sol facile à une culture d'espèces nouvelles, et présente depuis l'antiquité une agriculture extensive sylvopastorale: élevage, espèces indigènes comme la lavande sauvage, le romarin (d'où le nom de la maison dans le film),
- les relations ethnologiques à la nature (l'écoute de l'expérience des anciens une fois mis de coté les penchants égoistes mis en exergue dans le film, qui incitent à la culture traditionnelle pérenne),
- l'introduction d'espèces invasives (dans le contexte du film, avant la seconde guerre mondiale, l'échange et l'acheminement d'espèces exotiques était chose courante, issue d'un contexte hygièniste-naturaliste du 19e siècle. Ainsi l'élevage des lapins et la culture de courges asiatiques montrent bien les difficultés à adapter ces espèces "inconnues" à une terre difficile)
Le film est disponible sur Youtube ici:
https://www.youtube.com/watch?v=ZHDMcKP3OGc
Monday, July 15, 2013
Trucs Culturels: La (Dé)mondialisation Vue D'Allemagne
Trucs culturels: La (Dé)mondialisation vue d'Allemagne
| Saxonie, Allemagne de l'Est |
écrit par Blaue Narzisse
Traduit de l’allemand, recherché et documenté par
Paul-Vincent Hubert
Trucs culturels
La mondialisation piétine, la Chine entretient son
"armée silencieuse" et un désir de durabilité. La décélération est en passe de devenir un substitut de religion.
Karin Kneissl a travaillé pendant longtemps en tant que
diplomate et reste considérée comme une experte en droit international.
Aujourd'hui, elle travaille en tant que journaliste et auteure. Tout en
contraste avec de nombreux analystes contemporains, il postule dans son dernier
livre, « Le monde fragmenté. Ce qui reste de la mondialisation » que
la mondialisation progressive n’est pas l'intégration de vastes zones
géographiques mais plutôt morcellement et fragmentation. La domination de
l'Occident tend à sa fin. Les langueurs nécessaires à surmonter les lignes de
fractures ethniques et religieuses ont conduit à la désintégration des États et
des systèmes politiques, ce qu’ont montré les exemples récents en Syrie ou en Irak.
« Tout s’écroule ensemble », dit l'auteur.
Mais la tendance à ces problèmes de fragmentation demeure
non seulement aux niveaux
gouvernementaux et politiques, mais également dans le tissu traditionnel de la
société qui s’effrite. «Où sont les traditions ?
Où est la cohésion familiale ?», fait-elle part à un entretien avec la
radio Allemande « Deutschlandfunks ». Kneissl n'est pas
pessimiste, mais elle est sceptique quant à la grande vision d’un monde uni. Elle
pointe du doigt la spatialité (utilisation de l’espace) et la manœuvrabilité
(liberté de choix), avec tous les risques et opportunités associés.
Karin Kneissl: Die zersplitterte Welt. Was von der Globalisierung bleibt
(Le monde éclaté. Ce qui reste de la mondialisation). Editions Braumüller
Lesethek, 288 pages, € 21,90.
L’effet secondaire de l'émergence de nouvelles puissances
et l'éclatement de l’équilibre mondial polarisé est également prouvé par les
journalistes espagnols Juan Pablo Cardenal et Heriberto Araujo. Ils montrent
comment la Chine par des moyens pacifiques prend le contrôle dans les pays en
développement et développent des structures néocoloniales. Les entreprises
chinoises sont impliquées dans des projets et des entreprises à travers le
monde, notamment pour exemple plus de 300 projets de barrages dans 66 pays. Les
banques chinoises se constituent en généreux créanciers. Les projets
d'infrastructures sont ainsi facturés en tant que «partenaires» - contre l’exploitation
presque exclusive des ressources et des matières premières en contrepartie. Ce
modèle, les auteurs l’ont identifié lors de leur voyage dans plus de 25 pays,
où ils ont visité des projets et des entreprises et discuté avec des gens sur
le terrain.
Juan
Pablo Cardenal / Heriberto Araujo: China’s Silent Army — The Pioneers, Traders, Fixers
and Workers — Who Are Remaking the World in Beijing’s Image (L’armée silencieuse de la Chine - les pionniers, les traders,
les cantonniers et les travailleurs – ce qui refont le monde à l'image de Pékin).
Editions Crown Publishing Group, 350 pages, € 28,50.
Parce que la dynamique du monde moderne est trop
difficile à gérer, les gens cherchent dans les pays occidentaux des valeurs
persistantes. L’auteur Andreas Möller en est convaincu. Les gens pensent que la
nature, la durabilité, la stabilité, la sécurité ou la décroissance sont des
valeurs certaines. Il faut arrêter de dire que la nature est en constante
évolution, ou prétendre que c’est une affaire de survie mais pas une question
de décroissance. De cette manière, une religion de substitution qui n'a rien à
voir avec le souci rationnel de son propre environnement. « Au début, il s’agissait
de la protection spécifique des biotopes particuliers dans les années 1980, mais
le discours public d'aujourd'hui est complètement dominée par le débat sur le
climat » dit Möller. La protection du climat est incompatible avec la
protection de la nature et de l'environnement, par exemple dans
l'industrialisation irréfléchie du paysage de production, d'une part par les
éoliennes, d'autre part par les installations de biogaz qui rendent nécessaires
la monoculture. La protection de nature et celle du paysage sont accessoires,
la protection des espèces compte à peine plus. Une étude a montré que les
Allemands, qui dominent la vague prisée des nouvelles énergies comme une auto-revendication
de « pionniers », ne vivent pas forcément plus « soutenables »
ou « écolos » que les gens d'Europe du sud-ouest, où les bus sont
pleins et circulent depuis 30 ans, où il y a moins de ménages à une personne et
où les gens vivent ensemble dans des familles élargies.
Andreas Möller: Das grüne Gewissen. Wenn die Natur zur Ersatzreligion wird.
(La
conscience verte. Si la nature remplaçait la religion) Editions Carl Hanser,
264 pages, 17,90 €
Définition
encyclopédique de la démondialisation : http://fr.wikipedia.org/wiki/Démondialisation
Définition
encyclopédique de la décroissance (économie) :
Thursday, July 11, 2013
Stanciova : Une ferme où les étrangers travaillent gratuitement
Stanciova : Une ferme où
les étrangers travaillent gratuitement
Un vaste réseau international dans des dizaines de pays
propose d'aider bénévolement
des agriculteurs biologiques.
Écrit par Radu Catalin.
Traduit du roumain, recherché et documenté par
Paul-Vincent Hubert.
Article original: www.tion.ro/ferma-la-care-strainii-lucreaza-gratis-o-retea-internationala-extinsa-in-zeci-de-tari-ofera-fermierilor-ajutor-voluntar/1311923
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| Crédit Photo: Sebastian Tataru |
Stanciova, à
la ferme pour huit jours de
travail qui commencent à six heures du matin. Trois Canadiens apportent
des récipients en plastique à la pompe à côté de l'école, et un
quatrième, venu d´Autriche en Roumanie spécialement pour ramasser du foin pour
les animaux. C'est son activité préférée. En Roumanie, la plupart des gens issus des zones rurales les fuient au profit des villes. Pour eux, voir des étrangers de tous les continents participer au fauchage et
au désherbage reste inexplicable.
En fait, c'est assez simple. D´un côté,
il y a les partisans de l'agriculture biologique ou traditionnelle, où le
travail est dur, mais vous donne satisfaction immédiate. De l´autre,
une multitude de gens venant de pays beaucoup plus « avancés » que la
Roumanie, n´y trouvent pas de telles initiatives, et n´ont
pas envie de drones télécommandés.
La maison va fêter ses cent ans.
Les propriétaires de la ferme ont choisi le réseau WWOOF Roumanie (World
Wide Opportunities on Organic Farms, "Opportunités
mondiales pour l'agriculture biologique"), depuis quatre ans près de Timişoara,
à Stanciova. Les 30 kilomètres
de route vers le village, après
avoir traversé les collines striées des vignobles de Recaş, vous mènent sur une route rurale avec
limitation de vitesse auto-imposée à 20 kilomètres par heure vers Stanciova.
Parmi les 400 âmes du village, la maison a été créée en
2009 par Teodora Borghoff. Mieux connue
pour son rôle en tant que présidente du projet de «Timişoara, Capitale
Européenne de la Culture 2021“, elle a décidé de se retirer au calme dans la belle campagne de Recaş. Achetée
par son mari en 2003, la
maison est typique: fabriquée en adobe (briques constituées d´argile et de
paille hachée), elle
dispose de trois chambres, dont
deux pour les visiteurs, d´une cuisine d'été et deux débarras. « Elle a été rénovée par
des artisans du village. J'ai gardé le four à pain, le fumoir à viandes, en
essayant de rester traditionnel»,
explique Teodora Borghoff qui tient en respect le chien Bobi, veilleur
zélé pas seulement pour les intrus. En outre, lors de la visite de la ferme, qui est roumaine depuis
toujours, vous serez surpris de découvrir des « étagères faites par un
charpentier anglais », du
« plâtre fait par un Australien »
ou une cloison « en plessis de Robinier fait par un flamand ».
Mais ça a également bien fonctionné pour plusieurs
réalisations par des japonais, malaisiens,
néerlandais et chinois.
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| Crédit Photo: Sebastian Tataru |
Transformer un ordinateur portable en vache
L'idée d'acheter une ferme est venue à Teodora et à certains de
ses amis après l'obtention d´un diplôme. Puis ils ont arrêté de
rêver pendant un certain temps et, cherchant quoi faire, ont couru les villes
à la recherche d'emplois ou d´une alternative. Finalement, ils ont choisi l´alternative. Tout
en travaillant, son mari à la
construction et Teodora, au conseil, les priorités sont
devenues plus évidentes. « Je me suis
réveillé à un moment donné dans la file d´attente à ... (un magasin
d'électronique connu). On était sur le point de payer un ordinateur portable et
j'ai pensé: « Avec cet argent on pourrait acheter une vache ! » J'ai redonné la
machine, et maintenant j'ai une vache et deux veaux dans l'étable », dit la propriétaire
de la ferme.
Actuellement, elle est adepte de concepts tels que l'agriculture biologique et la permaculture. Au jardin et dans la maison, ils travaillent de Février à Octobre, avec 15-20 bénévoles venant de partout dans le monde. Ils sont généralement jeunes, commencent à voyager afin de se trouver et se retrouver. Ils visitent tous les continents, voyagent d'une ferme à l´autre au travers du réseau WWOOF, où les discussions se font directement entre les bénévoles et les producteurs. Le bénévole fournit son temps pour travailler à la ferme, et ses compétences, et la ferme offre un hébergement décent et des repas quotidiens, en plus de propositions de loisirs. À Stanciova, par exemple, il ya des livres afin d´apprendre la culture et la langue roumaine, des jeux de société, mais également des projections de films dans la grange et bien d´autres.
En vélo depuis Galați
Cette année, on
compte presque 15 volontaires au début du mois
de Juillet. L'un d'eux est venu en vélo depuis Galați (une ville sur
le Danube tout à l´est du pays). Il s'appelle Victor, a 27 ans et voyage
de ferme en ferme dans toute la Roumanie. Stanciova est la sixième où il
s'arrête. «J'ai trouvé sur Internet comment
voyager sans argent, et j´ai trouvé ça très
intéressant. L'une des suggestions était d'éviter les villes, car là tout
fonctionne avec l'argent. Donc, j´ai trouvé cette organisation, l'ai rejoint, envoyé
des courriels aux propriétaires de fermes bio et a continué à visiter le pays. Je
peux dire que j'ai fait une tournée
« européenne » en Roumanie, parce que les propriétaires de
fermes étaient jusqu'à présent néerlandais, français et allemands », témoigne
Victor.
Le nombre de personnes qui entre dans la ferme à Stanciova n´attire évidemment
pas beaucoup l'attention de la communauté. « Au début, on était comme des étrangers
car nous vivons dans une maison
commune. Tout le monde pensait qu´on était une secte. Même ma mère le croyait,
mais comme mon mari est spécialiste en relations publiques et travaille à la mairie de Recaş alors les opinions ont évolué » dit Theodora. Enfant de la
ville, issue de la génération Y (la « génération pourquoi »), elle redécouvre la
vie à la campagne et apprend autant sur les cultures que sur la nature, et
transmet avec plaisir à ceux qui s´y intéressent. « Ne vous y trompez
pas, nous ne
sommes pas missionnaires, et on ne
va pas frapper à la porte des gens pour expliquer ce qui est
bon ou ce qui ne l’est pas. Par contre,
si quelqu'un veut venir voir ce qu'est la vie ici, et
apprendre, il n'y a aucun problème», ajoute Teodora Borghoff.
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| Crédit Photo: Sebastian Tataru |
Une campagne où les parents redécouvrent l’enfance
La ferme a également reçu trois Canadiens du Québec visité
l´Europe en auto-stop. Tous ont environ 20 ans et ont traversé le monde à la
suite d'une grève étudiante qui a débuté en Février 2012 jusqu´à fin Octobre. Après
quelques jours passés à Stanciova, ils ont dit que la Roumanie est un beau pays
avec des gens sympas. Une autre expérience intéressante est celle de Linda, 21
ans. Elle vient pour
la quatrième fois en Roumanie : « J'aime
ce pays, c´est plus naturel et sauvage
ici. L’écovillage Stanciova est mon préféré, et, surtout,
j´adore ramasser le foin», dit Linda, tout en retirant les noyaux de cerises pour faire des
confitures. Il ya quelques années, la
jeune autrichienne a amené sa mère dans les Maramures pour les vacances
(une région traditionnelle de montagnes, au nord du pays). « C'était
génial, presque
irréel car Maman a
retrouvé son enfance. Elle regardait autour d´elle et disait sans
arrêt : « On avait ça aussi avant ! Et ça
aussi ! » » Dit Linda. Dans la cuisine d'été, M. le Chat cherche les ennuis et se fait
expulser rapidement dans le jardin. Une fois qu´ils ont terminé la cueillette
des cerises, les Canadiens commencent à creuser. Ils
s´apprêtent à construire la dalle d´une sorte
de terrasse à l'ombre que les volontaires puissent se reposer après le travail lors
des chauds après-midis de Stanciova.
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| Crédit Photo: Sebastian Tataru |
Trouver
l'écovillage sur la carte:
Le
site internet de Stanciova (en anglais):
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